Office de tourisme de Casamance

Les Joolas

Parler de la Casamance pour certains c’est parler des Joolas. Or même s’il reste encore le peuple le plus étudié de la sous région, remonter les traces de celui-ci, relève presque de l’impossible.

En effet, l’origine des Joolas est, pour reprendre Paul Pélissier un épais mystère. L’histoire de la Casamance, de la Basse Casamance particulièrement se confond avec l’histoire des Joolas. C’est l’histoire d’un peuple qui a toujours refusé la soumission et la contrainte au moment où les autres nouaient des relations avec les colonisateurs. Selon le Professeur Christian Sina Diatta, leurs chefs ont estimé qu’une personne ne peut être vendu ni être arrachée aux siens au nom de la force ou pour des raisons commerciales. Les Joolas sont un peuple, qui, au nom de la religion traditionnelle, refusent la domination de l’homme par son semblable au nom de la richesse, de l’intelligence, de la force ou par usage illicite du pouvoir conféré par les institutions, même religieuses. C’est peut-être là, une des raisons qui font que le Joola devient un frondeur dés qu’il sent les prémisses d’une inégalité imposée surtout du dehors.

La société Joola est comme les autres sociétés dites paléonégritiques des rivières du Sud à structure horizontale. Elle ne connaît pas de castes. S’il y a une certaine division du travail au plan social, il n’en reste pas moins vrai que ces structures sociales professionnelles ne sont ni héréditaires, ni étanches. Chaque Joola peut participer à loisir à l’activité qui lui plait. Aucun tabou n’existe à ce propos. Aussi il est aisé de trouver un homme qui pratique allègrement l’agriculture, la musique, la pêche, le tissage, la cordonnerie, la poterie, la vannerie. On trouverait cependant à dire des Jeeju qui semblent être les seuls forgerons dans la communauté Joola.

Les traditions orales et écrites le confirment, à ce jour, les Joolas seraient la population autochtone la plus ancienne après les Baïnunks. Leur dispersion en groupes autonomes réfugiés dans la mangrove et les vestiges de la forêt dense ont donné parfois lieu à des ghettos linguistiques, religieux et techniques. Il reste que les Joolas ont le sentiment d’avoir absorbé les Baïnunks ou de les avoir chassés de leur actuel habitat en leur empruntant un certain nombre de techniques. D’ailleurs, ils reconnaissent avoir chassé ces derniers. Leurs sites les plus anciennes semblent être le pays flup et le Banjal, terroir où les transformations de la civilisation mécanicienne n’ont pas modifié profondément les mœurs et coutumes. Ces régions culturelles, contrairement au Fogny, au Boulouf, au Pakao et au Fouladou sont un « paradis » pour tout chercheur patient car c’est un refuge, un conservatoire d’ethnies reliques.

Au Sud de Ziguinchor, capitale de la région du même nom, entre le fleuve Casamance et le Rio Cacheu, est le Kassa ; terroir limité à l’Est par le marigot du kamobël et à l’Ouest par la façade atlantique. C’est là où vivent pour l’essentiel les groupes Joolas qui ont relativement gardé leur identité traditionnelle. Le Kassa est subdivisé en plusieurs terroirs (hank) où vivent des groupes joolas pour la plupart et relativement homogènes : ce sont les Banjaal, les Bayott, les Esulëru, les Eyuun, les Jammaat, les Jembering ou Kuwataï, les Selek, les Xulufs, etc.

Dans la terminologie, les Banjal sont les ressortissants des villages de Banjal qui a donné son nom au terroir, Elubaliin, Enampoor, Essil, Séleki.

Les Bayott sont localisés à une dizaine de kilomètres plus au Sud de Ziguinchor autour des terroirs comme Nyassia, Brin, Dar Salam, Etomé, Jibonkeer. Les Esulëru sont les populations de la Pointe Saint-Georges. Ce sont les villages de Jiromaït, Kagnout, Mlomp, Samatite.

Les Eyuun représentent les habitants des localités de Karunaat, Gnambalang, Siganaar.

Le groupe des Jammaat, ethnonyme traditionnel de la communauté joola est constitué des villages historiques que sont Efok et Yutu.C’est une zone à cheval sur le Sénégal et la Guinée Bissau.

Au Sud d’Usuy se trouvent les villages Selek constitués de Ukut, Bukitingo, Emaï, Essaut, Jaken, Janten.

Les Xeer semblent être le groupe le moins étendu. Ils sont regroupés derrière Kabrus, village d’origine de l’égérie casamançaise Aliin Sitoé Jattaa.

Autour de l’ancien village devenu capital départemental, on rencontre les Xuluf à Usuy même, Ejungu, Jivant, Kalabon, Kaxindë, Singaleen.

       
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