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Les Balantes

Ils sont très souvent assimilés aux Bissau Guinéens dont ils seraient une des composantes essentielles. Pourtant, leur implantation dans ce qu’il est convenu d’appeler aujourd’hui le Sénégal est très ancienne et remonterait même au 15e siècle.

On trouve les Balantes dans le terroir qui jouxte la frontière officielle sénégalo-bissau-ginéenne. Leur nom viendrait de « Alanté » qui signifie l’homme, le peuple. Le terme « balanto » qui signifie les révoltés ou les indomptables a fini par donner Balante qui viendrait semble-t-il des Mandingues. Aujourd’hui leur espace de prédilection est le Balantakunda, dans l’actuelle région de Sédhiou.

La société balante développe comme la plupart des sociétés des rivières du Sud, un curieux paradoxe : elle est fortement individualiste et collectiviste. Aussi longtemps que la société vit dans l’harmonie qu’elle n’est nullement perturbée ni par un cataclysme naturel, ni par des actions anthropiques aux conséquences fâcheuses, l’homme n’obéit à aucun chef. Il n’est pas aussi directement lié à un quelconque ordre venant on ne sait de quelque personnage dit divin. Aucune force sociale venue « d’en haut » ne peut exercer contre sa volonté. Cependant malgré qu’il a ses bien propres : maison, bétail, objets d’usage courant, etc. et une réelle liberté de manœuvre sociale totale dans sa société, le Balante semble lié par un certain nombre d’obligations fondamentales pour la bonne marche du groupe. Il vit traditionnellement et même aujourd’hui encore en communauté. Il refuse d’être isolé du reste du groupe et ceci quelque soit son rang et sa richesse. C’est ainsi qu’il vit dans des concessions occupées par les frères, les sœurs, les neveux et cousins germains et parfois des parents éloignés.

Dans le cadre économique ou très souvent le caractère individualiste de l’individu est très prompt à se manifester, le Balante est tenu à être présent lors des travaux communautaires. Ceux-ci priment sur les travaux individuels. On est sanctionné si on ne se plie pas à cette vision. C’est seulement après avoir satisfait à son devoir d’agent producteur et collectif que l’individu balante pourra s’occuper réellement de son bien propre. La tendance au collectivisme du Balante se manifeste aussi et de façon très nette dans sa façon de manger. Le Balante en revanche refuse de manger seul. Toutes les calebasses sont rassemblées après la cuisine et c’est alors seulement que le partage se fait en tenant compte de la répartition sexiste. Les femmes mangent entre elles en groupe, tout comme les jeunes et les adultes.

Il est manifestement de très mauvais goût chez les Balantes de se mettre volontairement devant sa propre calebasse parce qu’on juge que son contenu est le meilleur. Par cette condamnation, on vise à combattre tout relent d’égocentrisme et par la même occasion à renforcer le sentiment de cohésion communautaire.

En société balante, toutes les concessions ont leur cabaret propre. Celui-ci est un espace de concertation familiale d’abord avant d’être le lieu d’échanges et de règlements de conflits sociaux qui réunit les grandes personnes qui s’y font servir du vin en quantité et en qualité. Le fait important dans le cabaret réside dans le fait que le débat n’est clos que lorsque les femmes interviennent. C’est pourquoi il est dit en société balante que « la voix de la femme est prépondérante », elles ont toujours le dernier mot étant le sceau de la communauté. Chez les Balantes,

il existe aussi un culte animal lié à la vache. Il rétablirait l’hypothèse selon laquelle une parenté étroite existerait entre les Peuls et les Balantes. Chez ces derniers, les veaux sont baptisés. Lorsqu’une vache met bas, tout un rituel est mis en branle. Un petit festin est organisé. La vache elle-même est mise en branle. Un petit festin est organisé. La vache elle-même n’est pas l’objet de traitement pour obtenir du lait et cela pendant un mois. Une boulette de riz est alors lancée sur la vache qui a mis bas avec un souhait « qu’à la prochaine gestation, ce soit un taureau ou une génisse ».

Le vol chez les Balantes

L’administrateur A. Farque au 19e siècle, surnommait les Balantes « les Maures de la Casamance » en comparaison des tribus maures qui écumaient durant la même période le nord du Sénégal. En les appelant ainsi, il y a manifestement une allusion aux vols, rapines, pillages, enlèvements qui sont faits par les Balantes. En effet excellents guerriers intrépides et endurants, les Balantes excellaient dans ceux-ci et les plus adroits qui réussissaient à accomplir leurs forfaits sans se faire prendre ou repérer, jouissaient d’un prestige reconnu dans toute la contrée. Ils recevaient même des enfants à qui ils devaient enseigner l’art de la ruse, de l’habileté manuelle et corporelle, la capacité de souffrir en silence.

Il est ainsi important de saisir que le Balante n’avait pas la même conception de ces actes que les autres qui considéraient ainsi ces derniers comme du vol. Pour le Balante, ce que les autres appelaient donc vol ne l’était pas à son niveau. C’était une étape dans la formation de l’individu. Il s’agit de s’éprouver face au péril de sa vie. Voila pourquoi le Balante est la ténacité faite homme.

       
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