Office de tourisme de Casamance

Musiciens, orchestres et groupes accoustiques de Casamance

Extraits de "ZIGUINCHOR", par Florent Mazzoléni (retrouvez ci-dessous la présentation des principaux groupes, musiciens et orchestres de la région) :

"Appels des muezzins, réunions publiques sur la place de Gao, salsa ancienne école Chez Clara ou répétitions éparses d’orchestres comme le Kasa Groupe ou le New Casamance sont autant d’éléments illustrant une cité de sons et de musique. A Ziguinchor, la musique est un fleuve capable d’exprimer les émotions les plus grandes.

Séparée du reste du Sénégal par le fleuve, la modernité arrive ici avec parcimonie, mais aussi avec une certaine élégance. C’est ainsi que cuivres, guitares et basse électriques firent leur arrivée à Ziguinchor au milieu des années 1960, tout comme les tumbas et autres congas afro cubains. L’éloquence de la kora et du balafon, convola naturellement avec ces instruments symboles de modernité.

Comme d’autres capitales régionales sénégalaises, Ziguinchor embrasa les années soixante avec un entrain irrésistible. Le long du fleuve, paillotes et bals populaires rythmaient les nuits locales. Originaires de toutes les villes environnantes, à commencer par Sedhiou, les orchestres venaient jouer en ville. Les sonorités régionales convolaient avec les influences afro-cubaines, les yéyés françaises ou le rhythm’n’blues américain.

De la Gambie voisine, des artistes comme les Super Eagles ou le salsero Laba Sosseh annonçaient de réjouissantes fusions musicales alors que le Cobiana Jazz, le Super Mama Djombo ou les Pantera Negra de Guinée-Bissau indiquaient d’autres voies musicales et politiques, tout en illustrant clairement que ces trois régions, Gambie, Casamance et Bissau ne font souvent qu’une, partageant plus de points en commun que de différences.

Cette communauté de peuples, de langues et d’émotions qui se fient des frontières administratives est accentuée par la musique que l’on entend à Ziguinchor, mais aussi celle diffusée et jouée à Banjul ou à Bissau. La mélancolie est toujours de mise, associée aux mélopées héritées du grand empire mandingue dont ces régions étaient des lieux éminents.

Situé dans l’ancien quartier colonial de L’Escale, l’unique studio de l’ORTS de Ziguinchor ouvrait jadis ses portes aux artistes régionaux pour des sessions d’enregistrement impromptues, uniques témoignages d’une modernité musicale en marche. Parfois certains orchestres gagnaient Dakar, à l’instar des pionniers de l’UCAS Band de Sedhiou, premier groupe de Casamance à graver des musiques modernes en 1975 à Dakar."

       
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